Dans ce troisième volet dédié aux risques professionnels fréquents des secteurs sanitaire, social et médico-social, découvrez les risques biologiques. Voir les volets précédents : Risques physiques et de chute et Risques psychosociaux.
Lorsqu'on évoque les risques biologiques, on pense toujours en premier lieu aux accidents d’exposition au sang (AES). Pourtant, dans le secteur de la santé et du service à la personne, de nombreux autres modes de contamination sont rencontrés. Dans ce nouvel article, apprenez à bien les identifier afin de les prévenir à la source.
Quels sont les risques biologiques ?
Dès lors où un professionnel dans le cadre de son travail est susceptible d’être exposé à un ou plusieurs agents biologiques pouvant nuire à sa santé, on parle de risques biologiques. Les secteurs de la santé et des services à la personne y sont particulièrement exposés.
Que dit la législation ?
C’est la directive européenne du 26 novembre 1990 qui fixe pour la première fois les prescriptions minimales à respecter pour éviter ou réduire les risques d’exposition à des agents biologiques.
En France, ce n’est qu’en 1994 que les dispositions réglementaires européennes ont été introduites par décret dans le Code du travail (Articles R.4421-1 à R 4427-5). Le décret du 4 mai définit les agents biologiques et classe les agents biologiques pathogènes. L’arrêté du 18 juillet 1994 modifié en dresse la liste.
Il sera complété 9 ans plus tard par l’arrêté du 10 juillet 2013 relatif à la prévention des risques biologiques auxquels sont soumis certains travailleurs susceptibles d'être en contact avec des objets perforants. Parmi les personnels concernés, les professionnels des Établissements de santé publics et privés ainsi que les Établissements sociaux et médico-sociaux sont particulièrement exposés.
Quels sont les agents biologiques ?
Les agents biologiques sont définis réglementairement et appartiennent à plusieurs catégories parmi lesquelles on compte :
- Les bactéries responsables de la tuberculose ou du staphylocoque doré, etc.
- Les virus responsables de l’hépatite B, de la varicelle et du zona, etc.
- Les champignons microscopiques responsables de teigne, candidose, etc.
- Les endoparasites responsables de la toxoplasmose, de tænias, etc.
- Les prions ou agents transmissibles non conventionnels (ATNC) agents de la maladie de Creutzfeldt-Jakob, etc.
Quels sont leurs effets sur la santé ?
Les répercussions sur la santé peuvent être variables en fonction de facteurs individuels de la personne exposée. Quatre types de risques peuvent résulter d’une exposition à un risque biologique :
Risques infectieux
Un micro-organisme pathogène pénètre dans le corps et se multiplie. Ces risques sont les plus fréquents au travail et peuvent être à l’origine :
- de tuberculose
- d’hépatite C
- de légionellose
- de grippe
- de covid-19.
Risques allergiques
La présence d’un allergène provoque une réaction importante de l’organisme par une réponse immunitaire inappropriée pouvant provoquer la rhinite et l’asthme professionnel.
Risques toxiniques
Certains agents biologiques libèrent des toxines pouvant être à l’origine, par exemple, du tétanos.
Risques cancérogènes
Des agents biologiques peuvent être à l’origine d’un cancer. Cependant, les conditions de contamination par des agents biologiques sont rarement réunies en situation de travail. On peut citer : le cancer du foie faisant suite à une hépatite B ou C devenue chronique.
Quelle est la démarche pour évaluer les risques biologiques ?
Lors de la démarche d’évaluation, il s’agit de procéder à une évaluation qualitative des risques biologiques auxquels est exposé le personnel des structures. La démarche consiste à identifier les chaines de transmission en repérant :
1 - Les réservoirs potentiels des agents biologiques
Il s’agit de s’intéresser aux réservoirs susceptibles de contenir un ou plusieurs agents biologiques à savoir :
- Les personnes : du fait du travail au contact de l’humain
- L’environnement : du fait du travail au contact de produits d’origine humaine lors de des soins ou de l’entretien des locaux (eaux, sols, objets contaminés).
2 - Les modalités d’exposition et les situation dangereuses qui s’y rapportent
Dans les milieux du soin et des aides à domicile, les professionnels peuvent potentiellement être exposés aux agents biologiques dans plusieurs situations :
Par inhalation (voie respiratoire)
- Soins à un malade qui tousse (émission de gouttelettes)
- Tri de déchets (générant des poussières).
Par contact avec la peau ou les muqueuses
- Projection d’eau sale dans les yeux
- Réalisation de la toilette d’une personne
- Port de mains contaminées au visage ou aux yeux (lors du ramassage de poubelles).
Par inoculation
- Piqûre avec une seringue contenant du sang
- Coupure avec un couteau souillé.
Par ingestion
- Port à la bouche des mains ou des objets contaminés
- Prise d’aliments ou d’une cigarette avec des mains contaminées
- Projection d’eau sale sur la bouche.
3 - Les hôtes potentiels
Il peut s’agir du personnel de la structure ou d’usagers :
- Immunisés
- ou présentant un terrain particulier : grossesse, immunodépression ou maladie chronique.
Lors de l’évaluation des risques (effectué à l’occasion de la mise à jour du DUERP) il s’agit de prendre en compte :
- La gravité des dommages potentiels pour la santé des professionnels
- ainsi que la fréquence des expositions pour mettre en place des actions de prévention pertinentes.