Telle que définie par la Haute Autorité de Santé, la culture de sécurité en santé est : “un ensemble de manières de faire et de penser partagées par les acteurs d’une organisation et qui contribuent à la sécurité du patient”.
Découvrez dans cet article, des repères, les critères HAS et les outils à votre disposition pour continuer à faire évoluer la culture de sécurité des soins en établissement de santé1.
Culture de sécurité en santé dans le référentiel HAS
La culture de sécurité figure dans le référentiel de Certification HAS et fait l’objet de critères d’évaluation standards.
Elle est traitée via ce critère :
- Critère 3.3-02 : L’établissement soutient une culture de sécurité des soins
En introduction du critère, il est rappelé que la culture de sécurité est une culture bienveillante :
- construite par l’interaction entre les professionnels et impliquant l’usager
- promue par la gouvernance
- visant à l’amélioration de la qualité et de la sécurité des soins.
La démarche culture sécurité se traduit par les composantes suivantes :
- Le reporting des événements indésirables associés aux soins (EIAS)
- Le retour d’expérience
- La qualité du travail en équipe
- Une culture “juste”.
Décryptage des quatre composantes de la culture sécurité
Découvrez les composantes de la culture sécurité décryptées au travers des pratiques professionnelles :
1 - Culture du reporting
→ Signalement et déclaration des événements indésirables associés aux soins (EIAS).
En pratique, voici comment cela se traduit :
“Les professionnels et l’organisation sont convaincus de l’intérêt de signaler/déclarer les situations dangereuses et les événements indésirables quelle que soit leur gravité pour améliorer la sécurité. Les professionnels n’hésitent pas à parler au sein de leur équipe des événements indésirables associés aux soins (EIAS) ou des situations à risques qu’ils ont rencontrées. Un système de déclaration existe et les professionnels n’éprouvent aucun frein à remplir des fiches d’événements indésirables.”2
2 - Culture du retour d’expérience
→ Analyse approfondie des événements indésirables associés aux soins (EIAS) par le retour d’expérience (RETEX).
En pratique
“Les professionnels et l’organisation sont persuadés que l’analyse approfondie (analyse dite « systémique ») des situations à risque et des évènements indésirables survenus permet de tirer des enseignements qui sont partagés pour mieux maîtriser l’avenir et améliorer la sécurité. Par exemple des revues de mortalité et de morbidité (RMM) sont en place et fonctionnent.“2
3 - Culture juste
→ L’erreur humaine est avant tout analysée et non pas condamnée.
En pratique
“Le management est équitable et loyal, il ne tire pas de conclusions hâtives suite à la survenue d’un événement indésirable. Les différences entre erreur involontaire et faute délibérée sont clairement définies. L'erreur humaine involontaire est analysée de manière approfondie et non pas blâmée. Un climat de confiance entre les professionnels et le management se développe et permet de partager des informations pertinentes pour la sécurité.”2
4 - Culture du travail en équipe
→ L’objectif est de réagir ensemble de manière efficace et de s’adapter au changement
En pratique
“Les professionnels reconnaissent l’impact de la qualité du travail en équipe au sein de l’organisation pour améliorer la sécurité des patients. Les échanges et l’entraide entre les professionnels sont favorisés. Grâce à l’expertise de chacun, une vigilance collective est développée afin de favoriser une adaptation (résilience) aux environnements changeants, complexes, critiques et avec pression temporelle. Cela permet de réagir ensemble, de manière coordonnée et efficace, le plus rapidement possible, devant une situation inattendue et dangereuse pour la sécurité des patients.”2