Le Défenseur des droits est une institution indépendante de l'État inscrite dans l’article 71-1 de la Constitution depuis 2008. Les lois du 29 mars 20111 précisent ses attributions et ses modalités d’intervention. Les grandes missions de l’institution consistent à défendre les personnes dont les droits ne sont pas respectés et permettre l'égalité de tous et toutes dans l'accès aux droits.
Dans cet article, découvrez le rôle parfois méconnu du Défenseur des droits des usagers des services publics et notamment ceux des secteurs social, médico-social et sanitaire.
Défenseur des droits : comment est structurée l’institution ?
Le Défenseur des droits est né de la réunion de quatre dispositifs institutionnels de protection des droits et des libertés :
- Le Médiateur de la République
- Le Défenseur des enfants
- La Commission Nationale de Déontologie de la Sécurité (CNDS)
- La Haute Autorité de Lutte contre les Discriminations et pour l’Égalité (HALDE).
En 2016, la loi n° 2016-169, ajoute une cinquième mission à l’institution : l’orientation et la protection des lanceurs d’alerte. (voir aussi notre article → Maltraitance : les nouvelles dispositions de protection pour les lanceurs d’alerte en ESSMS)
Le Défenseur des droits est nommé par le président de la République pour un mandat de six ans non renouvelable et irrévocable après audition parlementaire. Il ne peut exercer aucune autre fonction, quelle qu’elle soit. Depuis juillet 2020, la fonction de Défenseur des droits est occupée par Claire Hédon.
L’institution est composée :
- de la Défenseure des droits assistée de trois adjoints (constituant trois collèges, composés de personnalités qualifiées et organisés par domaine de compétence)
- près de 500 délégués bénévoles répartis sur l'ensemble du territoire.
ℹ️ Formés pour recevoir, gratuitement, toute personne qui sollicite de l'aide pour faire valoir ses droits, les délégué.e.s ont pour missions d’accueillir, d'écouter et les orienter dans leurs démarches.
Qui peut saisir le Défenseur des droits en médico-social, social et sanitaire ?
Le défenseur des droits peut être saisi par toute personne (mineure ou majeure) en désaccord avec une structure publique portant atteinte à ses droits et libertés. Gratuite, la saisine s’effectue par simple lettre. Il peut s’agir :
- D’une personne accompagnée en structure sociale et médico-sociale
- D’un patient pris en charge à l’hôpital
- D’un proche, d’un tuteur ou du représentant légal d’un mineur.
Le Défenseur des droits peut également s’auto-saisir s'il estime que son intervention est nécessaire.
ℹ️ Pour saisir le Défenseur des droits, vous pouvez vous rendre sur le site : https://www.defenseurdesdroits.fr/fr/saisir-le-defenseur-des-droits
Sur quels sujets peut-on solliciter son intervention ?
Au regard du Guide pratique à l’usage des intervenants de l’action sociale2, l’institution peut être saisie sur les sujets suivants :
Maltraitance des personnes hospitalisées dans un établissement de santé ou hébergées dans un établissement médico-social :
- Absence d’aide à l’alimentation/ hydratation
- Insuffisance des soins d’hygiène
- Sur médication et/ou sédation
- Atteinte à la liberté d’aller et venir
- Non-respect de la vie privée et de l’intimité
- Moqueries, insultes, menaces, violences.
Atteintes aux droits des usagers du secteur sanitaire et médico-social :
- Défaut d’information et/ou de consentement
- Difficultés d’accès au dossier médical et/ou négligence dans la gestion du dossier médical (absence de traçabilité, falsification)
- Violation du secret médical
- Non-respect du droit au respect à la vie privée
- Non-respect des droits des personnes en fin de vie
- Limitation ou interdiction du droit de visite
- Défaillances des instances de médiation
- Déontologie des professionnels de santé
- Décision abusive d’une direction d’établissement (menace d’exclusion, demande de mise sous protection juridique, demande de changement de tuteur ou de tutrice).
Conditions d’accueil des personnes âgées en structures :
- Droit à l’information
- Non-respect des obligations liées aux contrats de séjour
- Qualité de la prise en charge
- Non-respect de la liberté d’aller et venir
- Abus de faiblesse
- Maltraitance
- Non-respect du droit de visite.
Défaillances du service public de santé :
- Difficulté d’accès aux soins (rupture dans la continuité des soins)
- Contestation de pratiques tarifaires / facturation
- Défaillances administratives (erreur de transcription, perte de dossiers)
- Mauvaise qualité de la prise en charge du patient
- Absence de personnel qualifié ou défaut de surveillance du patient
- Défaut de fonctionnement d’un système de sécurité, de matériel, dispositif médical ou produit de santé.